La vie est une fiction

La vie est une fiction

Défi : je publie un livre en 4 jours!

Une plongée dans les coulisses de ma stratégie d’autoédition minimaliste et do-it-yourself.

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Jeanne
janv. 12, 2026
∙ abonné payant

L’autoédition fait peur à beaucoup d’écrivain·es qui ne l’ont jamais tentée… et même à des écrivain·es qui en ont eu une expérience décevante ou ratée.

Le fait est que tout projet de publication, qu’il passe par une maison d’édition ou par l’autoédition, représente un investissement. Et, s’il n’est pas couronné de succès, il a malgré tout des conséquences :

  • en ME, le fait que tes droits soient pris dans un contrat pour plusieurs années (ce qui t’empêche de le rééditer à ta guise durant ce temps-là), et que ton texte ait tout de même été vendu à un certain nombre de personnes, dont la plupart ne le rachèteront pas si tu le réédites;

  • en AE, le fait qu’un certain nombre de ME refusent par principe de rééditer un texte déjà publié et, une nouvelle fois, qu’aussi modestes qu’aient été tes ventes, elles risquent de se retrancher à celle de toute nouvelle édition.

Il s’agit donc de faire le bon choix et de ne pas rater son coup… N’est-ce pas?

Je comprends tout à fait cette perception, mais je crois qu’elle n’aide pas les auteur·ices. Elle a plutôt tendance à les freiner, à les maintenir dans l’indécision et l’hésitation; à les stresser, à les faire s’engager dans la voie ultimement choisie à reculons, et à les pousser à en faire toujours plus, voire à en faire trop… quand il faudrait à l’inverse en faire moins, selon moi.

En effet, plus on s’investit, plus l’enjeu augmente. Or, j’ai déjà parlé du problème des primo-romancier·es face à l’investissement : quand on ignore encore ce qui va nous rapporter, ce n’est pas un investissement, c’est juste un jeu d’argent, comme au casino — et cela vaut aussi pour notre temps et notre énergie (voir aussi : S’autoéditer quand on est fauché·e).

Alors, qu’est-ce que je suggère à la place? Déconstruire la perception nocive de l’autoédition comme une montagne, comme un énorme investissement aux lourdes conséquences, en :

  • diminuant objectivement l’investissement au minimum;

  • constatant de ses propres yeux qu’on peut publier vite, facilement et à faible coût.

C’est cette dernière option que je te propose aujourd’hui, de façon relativement exclusive… car cela doit faire au moins dix ans que je n’ai pas vu un tel contenu de la part d’un·e autoédité·e. Au contraire, j’ai l’impression que, ces derniers temps, on ne voit plus que des décomptes faramineux qui soulignent à quel point l’AE est un travail titanesque et, souvent, un investissement important en argent.

Ça peut l’être si tu veux que ça le soit… Personnellement, ce n’est pas mon approche. Et, plutôt que de continuer à te répéter que c’est possible de faire autrement, je profite d’en avoir l’occasion pour te le montrer.

Le défi

Il se trouve que j’ai terminé un manuscrit en décembre. Il est actuellement en bêta-lecture, et j’ai demandé à recevoir les commentaire le 23 janvier au plus tard.

Je vais prendre quatre jours, les 26, 27, 29 et 30 janvier (le 28, c’est pédago à l’école de mon fils, donc je prends une journée off), pour publier ce livre, qui doit être disponible le 31 — pour l’envoi de mon infolettre d’autrice, qui tombe deux fois par mois (le 15 et le 30/31 de chaque mois).

À toutes les personnes qui seront des abonné·es payant·es de ce Substack à ce moment-là (y compris celles qui n’auront pris qu’un mois à 7 € / 10 $), je propose de suivre cette aventure au plus près, via :

  • Un appel Zoom enregistré chaque matin, où je pourrai partager mon écran et montrer concrètement comment je procède à certaines étapes, notamment les plus techniques;

  • Un bilan écrit chaque soir, où je résumerai ce que j’aurai réussi à accomplir et les éventuels obstacles que j’aurai rencontrés;

  • Au terme de l’expérience, une checklist complète de toutes les étapes par lesquelles j’aurai passé ainsi que du temps réel que chacune m’aura pris, et les liens (chrono)logiques entre elles.

Bien sûr, tout l’intérêt est de suivre la manière dont les choses se dérouleront en réalité; néanmoins, je peux déjà te donner mon programme à priori, sur lequel je me suis basé pour évaluer que j’aurai besoin de 4 jours de travail :

  1. Lundi 26 : corrections de fond et de style à la suite du retour des BL, premier jet du résumé

  2. Mardi 27 : création de l’ebook et relecture d’épreuve (proofreading)

  3. Jeudi 29 : préparation du lancement et des contenus de com’

  4. Vendredi 30 : mise en ligne du livre, création de la fiche produit sur Amazon

Si ça t’intéresse, tu sais ce qu’il te reste à faire 👇

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Si tu es observateur·ice, tu auras peut-être remarqué que je ne parle nulle part de couverture. C’est parce que la couverture existe déjà; je l’ai déjà créée (je suis une écrivaine tellement lente que j’ai présentement 4 couvertures d’avance sur les livres que je dois écrire…). J’inclurai évidemment cette étape dans la checklist, ainsi que le temps que ça m’a réellement pris.

Mais, dans l’absolu, cela soulève une problématique qui me semble cruciale, qui est qu’il n’existe pas de processus de publication objectif et universel. En dehors des quelques étapes obligatoires, ce qu’on décide de faire et comment est une question de préférence, de valeurs… et de stratégie.

Les raisons qui me font préférer une approche de l’autoédition aussi simple et low cost que possible sont multiples : c’est important pour moi que la publication soit accessible à tous·tes, et pas juste aux personnes qui en ont les moyens, qui peuvent « se le payer »; c’est important aussi que tous les talents francophones puissent avoir une chance de trouver leur lectorat, sans avoir à passer par le filtre des stratégies commerciales des éditeurs.

Enfin, à titre purement personnel, il faut croire que j’ai une sensibilité punk, puisque je suis instinctivement attirée par tout ce qui est bricolé avec des bouts de ficelles, hors des conventions, sans équipement sophistiqué, sans technologie ni connaissance avancés et, surtout, sans validation institutionnelle.1

Quant à la stratégie, son but est évidemment de me faire gagner le plus d’argent possible sur la plus longue durée possible. Et, puisque je n’aurai pas le temps de t’en parler durant mes quatre jours de publication intensive, je vais te la présenter dès aujourd’hui.

Pourquoi je ne publie pas en papier

Tu auras peut-être également noté que je n’ai pas prévu (pour l’instant) de publication papier de mon texte. Il y a deux raisons à cela, qui se combinent dans ma situation :

1 Le papier, c’est très difficile à vendre.

Du moins, quand 1) on n’est pas diffusé en librairie (ça veut dire soutenu par un représentant, grâce auquel des libraires qui ne te connaissent ni d’Ève ni d’Adam vont décider de stocker ton livre dans leurs rayons) et 2) on n’a pas encore de plateforme ou de lectorat importants.

Par « plateforme », j’entends l’ensemble de ton audience à laquelle tu peux directement t’adresser via les réseaux sociaux ou ton infolettre. Par « lectorat », j’entends toutes les personnes qui connaissent suffisamment ton nom et ton œuvre pour manifester le désir spontané d’acheter ton nouveau livre en apprenant qu’il existe. Et par « important », j’entends au minimum quelques milliers de personnes engagées et authentiques (donc, on exclut les lurkers2 et les freeloaders3, qui sont assez courants sur les RS).

Si tu veux des chiffres : j’ai mis en vente la version brochée de mon premier roman sur mon site Web en 2019, et j’en ai vendu deux exemplaires lors du lancement, et un seul depuis. (En guise de comparaison, la version numérique seule m’a rapporté un bénéfice net de plus de 2500 $, alors que je n’ai, sans surprise, toujours pas recoupé le coût d’impression de la version papier.)

À travers mes deux maisons d’édition successives, j’ai également pu tester la vente d’exemplaires imprimés à la demande via KDP (Amazon), qui a le mérite d’être très simple et, pour le coup, de n’exiger aucun investissement de départ (en dehors du coût de l’épreuve).

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